17/12/25 - Humanité - L’antifasciste Gino Abazaj de nouveau arrêté, Viktor Orban relance sa chasse
Avec l’appui de la justice allemande, Viktor Orban a trouvé le moyen de relancer sa chasse. Après avoir gagné en justice au printemps, le jeune antifasciste, installé en France et poursuivi pour des violences commises contre des néo-nazis à Budapest en février 2023, a été de nouveau arrêté, pour les mêmes faits, mais sur la base d’une demande arrivant d’outre-Rhin. Mais dont tout porte à croire qu’elle a pour but final une extradition vers la Hongrie.
L’histoire bégaie. Ou alors, plus simplement, c’est de l’acharnement. Mardi 16 décembre, Rexhino « Gino » Abazaj a été interpellé en région parisienne par des agents de la sous-direction anti-terroriste (Sdat), sur la base d’un nouveau mandat d’arrêt européen. Son sort doit être évoqué ce mercredi 17 décembre, en début d’après-midi, à la cour d’appel de Paris, et ses soutiens appellent à un rassemblement à 13 heures, en face du palais de justice, sur l’Île de la Cité.
De nationalité albanaise, mais ayant grandi en Italie, le jeune homme, militant antifasciste poursuivi par les autorités hongroises pour avoir participé, en février 2023, aux manifestations contre le Jour de l’Honneur – un rassemblement annuel néo-nazi – à Budapest, a déjà connu ce mauvais film, l’année dernière.
Après un séjour de plusieurs mois en prison, il était parvenu, avec ses avocats et son comité de soutien, à en déjouer l’issue : en avril dernier, la justice française avait, sur la base d’un jugement implacable décrivant la « défaillance systémique » de l’État de droit sous Viktor Orbán, refusé d’exécuter le mandat d’arrêt européen émis par la justice hongroise. Ce qui avait permis à Gino, menacé d’une peine pouvant aller jusqu’à 22 ans de prison, de reprendre le cours de sa vie en France…
La vindicte et les procédures suivent leur cours
Cette fois, c’est sur la base d’un mandat d’arrêt européen émis par l’Allemagne que Gino a été arrêté, mais toujours pour les faits allégués – des « attaques brutales » contre des néonazis en « bande organisée »- qui se sont déroulés en Hongrie. « Cette arrestation est très étonnante, il se serait rendu s’il avait été convoqué », a déclaré à l’AFP l’un de ses avocats, Me Youri Krassoulia. La vindicte et les procédures suivent leur cours contre d’autres antifascistes – dont l’eurodéputée italienne Ilaria Salis – dans toute l’Europe.
Viktor Orbán a manifestement trouvé en Allemagne des alliés pour revenir à la charge. Pour les soutiens de Gino, tout peut laisser craindre qu’en cas de remise à la justice allemande, le jeune homme ne tarderait pas, en réalité, à être extradé vers la Hongrie. Une perspective qui reviendrait à offrir son trophée à Orban et à piétiner la justice française…