19/03/25 - Affaire de Budapest : où en sommes-nous ?
Ces derniers mois, avec l’arrestation de Gino et la présentation spontanée aux autorités de sept camarades allemand.e.s encore en fuite, la géographie du procès s’est encore élargie, compliquant ses aspects politiques et répressifs.
Rappelons que toute cette disproportion d’enquêtes, d’actions répressives et de détentions préventives est basée sur les déclarations, aussi infâmes que ridicules, de quelques néo-nazis qui se trouvaient à Budapest pour célébrer le défilé nazi appelé « Jour d’honneur ».
Le résumé qui suit, en plus de répondre à un besoin d’information, se veut une incitation pour les personnes solidaires non seulement à lutter avec une détermination toujours plus grande contre les causes et les auteurs de cet énorme appareil répressif, mais aussi à renforcer les réseaux transnationaux de collaboration, de solidarité et de lutte.
Gino
Gino est un citoyen albanais et un Italien sans nationalité, détenu à la prison de Fresnes (Paris), France, depuis le 12 novembre 2024.
Il a été arrêté par la police antiterroriste française (SDAT) après avoir quitté la Finlande, où il résidait et d’où il devait être extradé vers la Hongrie. Un procès est actuellement en cours pour décider s’il doit être extradé de France et remis aux autorités hongroises.
L’audience du 12 mars n’a statué ni sur son extradition ni sur sa demande d’assignation à résidence, de sorte qu’il devra rester en prison.
La prochaine audience est fixée au 9 avril.
Maja
Maja est un.e camarade allemand.e non-binaire, actuellement détenue à Budapest après avoir été illégalement extradé.e d’Allemagne en juin 2024. Son procès a débuté le 21 février 2025.
Iel est accusé.e de blessures mettant la vie en danger, commises dans le cadre d’une association de malfaiteurs présumée, et risque jusqu’à 24 ans de prison.
Malgré les terribles conditions de détention, Maja a rejeté la proposition de négociation de peine du procureur hongrois et a réaffirmé son engagement en faveur de la solidarité et de la lutte.
Vous trouverez sa dernière déclaration publique ici
Tobi
Tobi a été arrêté à Budapest en février 2023 et a été condamné à 22 mois de prison, après avoir signé l’offre de plaidoyer de l’accusation.
À l’expiration de sa peine en Hongrie, en décembre 2024, il a été transféré à la prison de Karlsruhe, en Allemagne, et sera désormais jugé dans l’affaire Antifa Ost.
Hanna
Hanna est actuellement détenue à Nuremberg.
Début mars, son procès concernant les événements de Budapest - qui, pour elle, se déroule en Allemagne et non en Hongrie - s’est ouvert à Munich sous les chefs d’accusation de tentative de meurtre et d’association de malfaiteurs en vue de commettre un meurtre.
Un nouveau chapitre pour sept camarades
Le 20 janvier, sept camarades (Paul, Nele, Clara, Zaid, Moritz, Luca et Paula), recherché.e.s depuis plus d’un an, se sont rendu.e.s aux autorités allemandes.
Iels sont actuellement détenu.e.s dans les prisons de Leipzig, Cologne, Hambourg, Chemnitz et Bielefeld, dans l’attente de la décision des autorités allemandes sur la demande d’extradition de la Hongrie.
Le début des procès n’a pas encore été fixé.
Fugitif.ves
Certain.e.s camarades sont en fuite et c’est à elleux que va notre plus grande solidarité et notre plus grand soutien !
Ilaria
Ila, après 16 mois de détention à Budapest, a été libérée en juin 2024 parce qu’elle a été élue au Parlement européen.
Le gouvernement hongrois a demandé au Parlement de lever son immunité et la procédure de décision est en cours.
En cas de levée de l’immunité, le procès à son encontre reprendrait et Ilaria risquerait à nouveau d’être arrêtée et extradée vers la Hongrie.
Gabri
Gabri est actuellement libre en Italie, car en mars 2024, la cour d’appel de Milan a rejeté la demande d’extradition de la Hongrie en raison des conditions inhumaines de détention dans les prisons hongroises.
Toutefois, un procès par contumace s’ouvrira pour lui à Budapest le 6 mai 2025.